Belle réussite pour le Colloque sur la fin de vie

 

Ce mardi 17 octobre s’est déroulé le colloque « Fin de vie. Entendre les choix du patient et pouvoir y répondre » au Palais Abbatial de St-Hubert. Plus de 80 personnes ont participé à cette journée de réflexion enrichie par la qualité des intervenants et le partage d’expériences des participant-e-s.

 

 

En guise  d’introduction, le discours de bienvenue de Micheline Satinet, Présidente du SLP/Luxembourg était axé sur le droit du patient à choisir sa fin de vie et sur la nécessité de faire connaître ses choix, notamment via les déclarations anticipées. C’est ensuite Nathalie Heyard, Députée provinciale en charge du Pôle Social et Santé qui a ouvert le colloque an rappelant le soutien de la Province à des projets novateurs au profit des aînés (bourse sur le bien vieillir en province de Luxembourg). Elle a également rappelé le cas récent de Anne Bert écrivaine française, atteinte de la maladie de Charcot et obligée de se rendre en Belgique pour mourir dans la dignité.

 

 

Le  premier intervenant de la matinée fût Dan Lecocq, Maître de conférences, à l’Ecole de Santé Publique de l’Université Libre de Bruxelles. Son exposé abordait les questions éthiques et déontologiques posées par la fin de vie parmi les professionnels de la santé. La relation entre le soignant et le patient étant au cœur du débat. Pour soigner, il faut la rencontre de deux personnes (le patient et le soignant) dans leur environnement avec chacun leurs valeurs personnelles qui s’expriment dans une relation interpersonnelle. Le soin est donc un espace-temps partagé durant lequel des tensions sont possibles et il appartient au professionnel de veiller à ce que cette rencontre soit  harmonieuse. Dan Lecocq a ensuite développé les notions d’éthique en insistant sur l’importance de soins centrés sur le patient et de la primauté de son projet de vie. Il a également développé les notions de capabilités appliquées aux soins de santé. Autrement dit: une approche qui considère chaque personne comme une fin, qui ne s’intéresse pas seulement au bien-être mais aux possibilités offertes à chaque personne.

 

 

Nathalie Andrews administratrice de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) a ensuite explicité le cadre légal existant en Belgique depuis la loi de 2002 concernant l’euthanasie. Son intervention a donné à l’assemblée une information claire et précise sur la législation et le champ d’application de l’euthanasie dans notre pays depuis 15 ans. Mme Andrews a développé les différentes démarches à entreprendre pour que soit respecté le choix de chacun en ce qui concerne le don d’organes, les soins palliatifs, le refus d’acharnement thérapeutique ou encore l’euthanasie. L’expérience de l’ADMD offre une vision très concrète des problèmes qui peuvent être rencontrés mais aussi des actions à entreprendre afin de s’assurer d’avoir une fin de vie digne et conforme à sa volonté.

 

 

« Entendre et répondre aux désirs de fin de vie en tant que proche et personnel soignant ». L’intitulé était parfaitement choisi pour l’intervention du Dr Luc Sauveur, médecin généraliste aux soins palliatifs du CHR de Namur. En se basant sur son expérience de praticien confronté régulièrement à la fin de vie, le Dr Sauveur interroge sur la capacité, en tant que proche ou personnel soignant, d’entendre le choix d’un malade et d’y répondre. Illustrant ses propos avec de nombreuses situations qu’il a pu rencontrer dans son quotidien, c’est avec beaucoup d’humanité qu’il aborde la fin de vie dans le respect de la dignité du patient. Le Dr Sauveur a également souligné la nécessité d’accompagner celui-ci jusqu’au bout en étant attentif à ses besoins, ses choix et ses convictions. Son témoignage a apporté aux participants un éclairage sur les relations humaines et les échanges entre le personnel soignant et le patient dans les derniers moments de sa vie.

 

 

La doctoresse Alexandra Gatin a ensuite présenté son étude sur les demandes d’euthanasie en province de Luxembourg. Cette étude qualitative sur la situation dans notre province a été récompensée du prix « Jeanne et Marie François » par l’Académie royale de médecine. Comment le médecin généraliste réagit-il face à une demande d’euthanasie ? C’est la question qui est à la base du travail du Dr Gatin. Confrontée à une demande d’euthanasie, elle a décidé de prolonger la réflexion à travers un questionnaire et des entretiens avec ses confrères. Elle a d’abord précisé la méthodologie utilisée ainsi que les caractéristiques du panel interrogé. L’importance de la relation médecin/patient a été une fois de plus soulignée. Un cadre légal est aussi rassurant pour les praticiens. La diversité des sentiments et l’évolution du ressenti émotionnel ont été mis en évidence ainsi que la nécessité de pouvoir bénéficier d’un soutien relationnel (collègues, associations …). L’étude permet également de souligner l’importance de se préoccuper du vécu des soignants.

 

 

L’après-midi fût consacrée à des ateliers animés par le Centre de Dynamique des Groupes et d’Analyse Institutionnelle. Ce moment a permis non seulement de revenir sur les interventions de la matinée mais aussi de rebondir sur l’expérience et le vécu des participant-e-s. La réalité de chacun-e que ce soit en hôpital, en maison de repos ou à domicile a été abordée, et de nombreuses convergences ont émergés même si les situations étaient parfois très différentes d’une institution à une autre. Le travail des différents groupes a fait l’objet d’une mise en commun durant laquelle les animateurs ont rapporté les impressions et commentaires des participant-e-s. Le fruit de cette réflexion et les conclusions de la journée feront l’objet d’un article ultérieurement.

 

 

A noter que la Commission des Aînés de la Plate-forme de Concertation en Santé Mentale de la Province de Luxembourg va organiser le mardi 7 novembre une matinée d’information qui sera consacrée aux déclarations anticipées. Celles-ci peuvent permettre de faire connaître notre volonté au cas où un jour, nous ne soyons plus capables de nous exprimer quant à nos choix concernant notre fin de vie (acharnement thérapeutique, don d’organes ou encore l’euthanasie).

 

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